7 Fragments : mes avant-bras expressifs

     Je pense que la capacité d’expression de nos avant-bras est trop souvent sous-estimée. Certes, les avant-bras sont moins exposés que le visage ou les mains, mais ils le sont tout autant que les mollets et bien plus que les épaules ou le cuisses ce qui en fait une zone d’expression non-négligeable.

     Lorsque je marche dans la rue et que je suis enervé, mon pas se fait plus martial et mon talon (engoncé si possible dans une Doc Martens) s’abat volontairement sur le sol. Je sens alors le dessus de mes avant-bras s’ouvrir et l’aisser sortir deux lames de colères pures. Mes mains reste ainsi toujours étrangère à l’assaut que je fantasme s’abattre sur autrui.

     En cas de grosses colères, ces lames peuvent s’allonger sur plus d’un mètre ce qui m’oblige à maintenir les bras tendus en diagonale pour ne pas qu’elles éraflent le trottoir. Cela ne manque d’ailleurs pas d’occasionner des regards curieux de la part des passants.

     Lorsque je me sens totalement confus, c’est une multitude de lamelles de bras que je sens se relever en pivotant au niveau du coude. Mon bras éclate pour former une ombrelle mouvante et mes mains sont réparties au bout de ses innombrables baleines.

     En conclusion, la meilleure manière de jauger mon humeur et d’observer la disposition de mes avant-bras (et non le masque grotesque qui me sert de visage)

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