New York avec l'EOS R

Très intrigué par la nouvelle proposition de Canon, j'ai eu l'occasion de tester le nouveau Canon EOS R durant plusieurs semaines et dans de nombreuses conditions. 

J'ai commencé par le mettre à l'épreuve avec le 35mm f/1.8 lors d'un voyage à New York. Si j'étais jusqu'ici parfaitement satisfait de mon 5D mk IV lors de mon travail en studio, j'étais à la recherche d'un boitier plus compact et léger qui m'accompagnerait lors de mes déambulations dans la ville. Voici donc mes premières impressions.

Mon expérience avec les appareils hybrides est très limité : le seul que je possède et utilise régulièrement est le Canon EOS M6 que j'avais choisi pour sa grande compacité et légèreté (notamment son 55-200 mm). Toutefois ce dernier possède un capteur APS-C, et je n'ai jamais utilisé le viseur électronique optionnel, me contentant de viser sur l'écran.

Si l'EOS R n'est pas l'hybride le plus compact actuellement sur le marché (même dans la catégorie des Full Frame), il reste beaucoup plus léger que 5D mk IV sans sacrifier a une qualité de fabrication que l'on apprécie dès qu'on le prend en main.

Première bonne surprise : l'EOS R utilise les mêmes batteries que mon 5D mk IV, je pourrais donc réutiliser ces dernières. Ces dernières tiennent plutôt bien la charge et il est rare que j'ai eu à utiliser une deuxième batterie lors d'une journée de balade.

S'il m'a été livré avec un adaptateur me permettant d'y monter mes optiques EF, l'EOS R inaugure un nouveau système optique résolument plus "professionnel" que la gamme M. Les optiques sont lumineuses, offrent un excellent piqué et la qualité de fabrication est rassurante. Si le 35 mm est très léger et compact, le 28-70 mm (ouvrant tout de même à f/2 constant) est un beau bébé donc la frontale est de 95 mm de diamètre (!).

Une telle taille peut paraitre incohérente avec le concept d'appareil hybride (que la plupart des concurrents proposent comme une alternative moins encombrante qu'un reflex), toutefois je pense que cette optique préfigure l'arrivée de boitier hybride professionnels dont la logique est moins l'allègement du poids que les possibilité uniques offertes par un tirage optique très court. On peut dès lors imaginer que la gamme hybride de Canon se divisera en 3 : les EOS M, les EOS R "reportages" et mes EOS R "Studio".

Ces nouvelles optiques sont munies d'une bague crantée en plus de celle de mise au point à laquelle on peut attribuer presque n'importe quelle fonction. Pour ma part j'y ai attribué le décalage de l'exposition après quelques essais. La bague d'adaptation EF-R propose la même bague afin de retrouver cette prise en main avec des optiques EF.

Lors de ma première sortie, j'ai d'abord eu des difficultés à m'habituer à un viseur électronique. En effet, j'ai l'habitude pour économiser ma batterie de laisser mon boitier éteint le plus longtemps possible. Ainsi il m'arrive de viser avant même de l'allumer, chose impossible avec un appareil hybride.

J'ai ensuite été décontenancé par l'utilisation de l'autofocus : habitué à la visée réflexe, je sélectionne à la volé des collimateurs autofocus tandis qu'ici la mise au point peut se faire n'importe ou sur l'image. Il existe de nombreuses manières de paramétrer l'autofocus, et j'ai passé un moment a tester les différentes combinaisons. A noter que même lorsque l'on utilise le viseur électronique, l'on peut utiliser l'écran pour sélectionner la zone de mise au point.

Malgré les très nombreuses possibilité de personnalisation des commandes, j'ai regretté l'absence d'un joystick à l'arrière du boitier. En effet il est parfois un peu laborieux de déplacer la zone de mise en point en conservant l'oeil dans le viseur.

J'ai fini par opter pour une mise au point centrale de type "one shot" en utilisant l'ancestrale technique du "mettre au point", "faire le cadre", déclencher".

Néanmoins lors de la visée écran, faire la mise en point en touchant la zone était d'une utilisation très fluide, et ceci d'autant plus que ce dernier est monté sur une charnière permettant de viser dans des positions improbables.

Passée cette prise en main déstabilisante lorsque l'on vient du monde du réflex, j'ai pu apprécier une association particulièrement bien adaptée entre l'EOS R et le 35 mm pour la photo de voyage / de rue. Cette optique offre une focale polyvalente et une ouverture maximale permettant d'envisager la photo de nuit sans rogner sur la qualité.

J'ai eu l'occasion de développer les nouveaux fichiers RAW (CR3) dans Capture One 12 et Lightroom Classic 8 et j'ai été tout à fait satisfait par la qualité d'image : on retrouve la color science de Canon et la dynamique d'exposition est incroyable (j'ai pu rattraper sans problème des images surexposées de plus de 3 diaphs !). Cela permet d'enregistrer des scènes extérieures contrastées sans problème. 

En résumé, pour une utilisation street, j'ai aimé :
- la compacité par rapport au réflex avec le 35 mm
- la qualité d'image générale
- le nouveau système optique

J'ai regretté :
- L'absence de joystick pour la mise au point

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